Le château en 4 anecdotes

Vieux d’un demi-millénaire, le château de Villers-Cotterêts a connu des histoires insolites. En attendant son ouverture au public, en voici quelques-unes...

La légende d’un château scandaleux

Satyre et nymphe
Satyre et nymphe © Benjamin Gavaudo / Centre des monuments nationaux

À cause de son château royal, Villers-Cotterêts souffrit d’une réputation de débauche pendant longtemps.

À l’origine de ce mythe, les sculptures de l’escalier de la Reine qui semblaient polissonnes. Comprises comme montrant une scène de pédérastie, elles représentent en réalité Jupiter embrassant l’Amour, prolongement de l’idéal chrétien du baiser qui unit l’âme et le corps.

Dans l’esprit humaniste de la Renaissance, les héros de la mythologie gréco-romaine exaltent la personne du roi. Apollon symbolise le souverain protecteur des arts, Mercure illustrerait l’éloquence du monarque, Hercule barbu et le lion de Némée symboliseraient la force de François Ier… Ces corps nus ne sont pourtant que l’illustration notamment des Métamorphoses d’Ovide, récit à la mode.

    

Pourquoi une salamandre à Villers-Cotterêts ?

Château de Villers-Cotterêts, logis, aile sud, escalier ouest, détail
Château de Villers-Cotterêts, logis, aile sud, escalier ouest, détail © Benjamin Gavaudo / Centre des monuments nationaux

À plusieurs endroits dans le château, de la façade à l’escalier du Roi, un petit animal est sculpté à plusieurs reprises : la salamandre.

Il s’agit de l’emblème familial dont François Ier hérite de son grand-père, Jean d'Angoulême. Depuis l’Antiquité et Aristote, on dit qu’elle est capable de vivre dans le feu et de l’éteindre. En choisissant ce symbole, le prince montrait qu’il était capable de triompher du désordre.

À sa suite, son fils Henri II appose sur le château  ses initiales HK, le H pour Henri et le K pour son épouse Catherine de Médicis, qu’on écrivait alors Katherine. Mais une légende tenace a voulu faire croire que le croissant qui surplombe ces initiales serait le symbole de la déesse Diane, en référence à Diane de Poitiers, la maîtresse du roi.

Le Roi de France afficherait-il fièrement sa liaison adultérine sur la façade de son château ? Peu probable.

    

Molière, Dumas… Les vedettes littéraires de Villers-Cotterêts

Molière et Dumas

Molière et Dumas © Reproduction Thomas Thibaut / CMN - © Ministère de la Culture - Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / Atelier de Nadar

On ne compte plus les célébrités de la littérature française qui ont fréquenté Villers-Cotterêts et son château.

Il faut dire que les écrivains natifs de la région sont légion : Jean Racine est né à la Ferté-Milon ou Jean de La Fontaine à Château-Thierry.

Molière a joué au château le 25 septembre 1664 sa pièce à scandale, Le Tartuffe, qui fut interdite peu après à cause de la critique religieuse que certains y voyaient.

Plus tard, les lettres de Madame de Sévigné qu’elle rédige sur Villers-Cotterêts donnent une idée du luxe qui régnait en ces murs.

Cette tradition littéraire est telle que Louis-Philippe d’Orléans (1725-1785) fit aménager un théâtre pour faire jouer ses invités comme cela était la coutume, aux côtés des acteurs de l’Opéra ou de la Comédie Française.

Enfin, Villers-Cotterêts est aujourd’hui mondialement connu pour avoir vu naître le 24 juillet 1802 l’un des plus grands auteurs français, Alexandre Dumas. Il y grandit jusque dans les années 1820 avant de rejoindre Paris où il écrit ses chefs -d’œuvre : Les Trois Mousquetaires, ou Le Comte de Monte Cristo.

   

Un EHPAD dans un château royal !

Le petit escalier du roi
Le petit escalier du roi © Reproduction Benjamin Gavaudo / CMN

Comment une demeure royale peut-elle avoir été transformée en maison de retraite ? L’histoire sociale du monument débute il y a deux siècles.

Au lendemain de la Révolution, sous Napoléon Bonaparte en 1804, Paris, plus précisément le département de la Seine, y enferme ses mendiants pour leur « redonner l’heureuse habitude du travail », une sorte de redressement moral.

Sous la IIIe République en 1889, le dépôt de mendicité est transformé en hospice de vieillards indigents, ancêtre de la maison de retraite. Cette histoire se retrouve dans l’EHPAD moderne qui hébergeait majoritairement des personnes ayant eu un parcours de sans-abri.

   

Reflet de l’évolution de la société, le château de Villers-Cotterêts s’est métamorphosé à chaque époque. Prochaine étape en 2022 !

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